La Montagne – Feature

Par Fabienne Fauri  
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Anton Renborg, photographe suédois, est en résidence à Vichy pour Portrait(s) 2016

Anton Renborg est le 3 e photographe en résidence, à Vichy, pour Portrait(s). Ce Suédois laisse la ville venir à lui « dans sa tranquillité ». Ses photographies seront exposées en 2016.

«Vichy me fait penser à une station balnéaire », remarque Anton Renborg, photographe suédois, qui vient de terminer la première partie de sa résidence pour Portrait(s).  Comme ses prédécesseurs, Cédric Delsaux et Yusuf Sevinçli, il a carte blanche pour photographier la ville et ses habitants. Il se déplace souvent à bicyclette. « Si je déambule ainsi, c’est pour bien ressentir la ville, le rythme de ses habitants. »

« J’ai débuté dans le métier en argentique »

Sur son choix du numérique et de la couleur, Anton Renborg confie : « J’ai débuté dans le métier en argentique. Aussi, j’essaie de ne pas oublier cette façon de travailler. J’aime quand il y a du grain, des ombres. Je suis attentif aux détails. Je cherche à obtenir une image moins hyperréelle qui est une spécificité du numérique. Je mets un peu de flou. Mais, je n’isole pas la personne de son environnement. Pour avoir la bonne musique, je dois moduler. »

Dans ses déambulations, le photographe laisse Vichy venir à lui « dans sa tranquillité, celle de ses parcs, parfois vides. Mais, même quand rien ne se passe, le cadre porte la ville ». Lui, qui a vécu dans des métropoles comme Stockholm ou Paris, apprécie « cette lenteur de la cité thermale. Il y a un tempo. Ici, les gens ne courent pas sans cesse. Et, tout ne change pas du jour au lendemain comme en Suède. Je trouve les habitants très disponibles. Ils jouent le jeu, quand je leur dis de rester naturels. » Anton Renborg laisse place à l’imprévu des rencontres. « Je trouve que les personnes âgées ont, ici, une certaine grâce. Je croise souvent des personnes élégantes. » Le photographe arpente les lieux emblématiques : le bord du lac, l’hippodrome, les parcs, les rues bordées de villas, la gare, les abords de l’Opéra un soir de spectacle, etc.

Son objectif est de saisir « le caractère de Vichy autant dans les personnes que dans son architecture ». Au club de bridge, de billard, à l’escrime, ou au stage de natation avec Florent Manaudou, dans la rue, ce seront des photos décalées. Dans le sens où il s’approprie l’action qu’il saisit. « Ce sont des images lentes, comme l’atmosphère de Vichy. »

Au terme de cette première partie de résidence, Anton Renborg se réjouit : « Il y a de la matière. Et, je me laisse toujours une porte ouverte. »

Anton Renborg effectuera deux autres semaines de résidence au printemps 2016. Ses photos seront exposées pour l’édition n° 4 de Portrait(s) et un livre sera édité par Filigranes.